« Je souffre d’acouphènes et je recherche des conseils pour mieux vivre avec »

Christian, 54 ans, Montluçon

14 à 17 millions de personnes souffriraient d’acouphènes en France dont 7 millions de manière permanente selon les différentes enquêtes réalisées par l’association JNA (*) Les acouphènes sont des sifflements ou bourdonnements et autres petits bruits entendus par la personne elle seule. La cause de leur survenue n’est pas toujours précisément connue et probablement multifactorielle mais aujourd’hui leur installation après traumatismes sonores aigus ou chroniques est de plus en plus fréquente. Les acouphènes, qu’ils soient continus ou non, peuvent devenir une vraie gêne dans la vie quotidienne.  Si aujourd’hui la médecine ne permet pas toujours de trouver un traitement « radical », il est malgré tout possible de mettre en place des stratégies d’habituation afin de réduire leurs impacts sur la qualité de vie et l’équilibre général de santé. Comment ?

Astuce 1 : Mettre en place les bons accompagnements

Seule 34% des personnes souffrant d’acouphènes en ont parlé à leur médecin généraliste (**). Oser en parler avec son médecin traitant est la première des démarches à réaliser. Après quelques examens, il vous orientera vers le médecin spécialiste, l’ORL pour un contrôle approfondi de votre audition. L’une des causes d’apparition est la perte de l’audition liée au vieillissement naturelle des cellules de l’oreille interne. Ce phénomène apparaît à partir de 50 ans. Dans la majorité des cas, ses investigations permettront d’éliminer les causes graves. Rassurez-vous dans 95% des cas, ces symptômes ne révèlent aucune pathologie inquiétante.

L’ORL sera également à l’écoute de vos ressentis et vous informera sur les différentes techniques permettant de mettre cette gêne à distance. Lorsqu’une perte significative de l’audition est détectée alors le médecin ORL pourra vous inviter à vous équiper en aides auditives et établir une ordonnance. Grâce à des réglages réalisés par l’audioprothésiste, les appareils auditifs  pourront aussi gérer les acouphènes. Quand il existe une perte auditive associée aux acouphènes, sa correction est un élément important du traitement de ces derniers.

Astuce 2 : Garder le contrôle sur les acouphènes

Par son caractère intrusif, le symptôme acouphènes peut modifier la capacité à gérer son état émotionnel. A cause du sentiment d’envahissement et de cette présence incontrôlée, on rencontre souvent des difficultés de concentration, d’endormissement ce qui peut générer stress et nervosité. Afin d’éviter qu’ils provoquent une perte de qualité de vie et une dégradation de l’équilibre de santé, il est important de leur accorder le moins d’importance possible : « de défocaliser » – « de mettre  à distance ». Il est alors nécessaire de s’autoriser à parler du sentiment d’impuissance, de la colère associée, du chagrin, de ce énième aléa de la vie etc. Cela doit se réaliser au bon endroit auprès de professionnels de santé afin d’éviter que « les acouphènes » polluent aussi en permanence son réseau social. Depuis les années 1990, des techniques ont été développées : thérapie par le bruit, sophrologie, guidance psychologique, thérapies cognitives et comportementales (TCC). Parfois, les émotions liées à la présence des acouphènes submergent. Des réseaux pluridisciplinaires d’accompagnement  pilotés par des médecins ORL se sont développés sur l’ensemble du territoire.

Astuce 3 – Eviter le silence

Les acouphènes ont la fâcheuse tendance à donner le sentiment de s’imposer lorsque des temps de silence apparaissent. C’est pour cela qu’ils rendent difficile l’endormissement. La simple écoute d’une petite musique de fond peut permettre de les couvrir et de défocaliser. Il est nécessaire de changer régulièrement ce fond sonore car le cerveau s’habitue aussi !

Astuce 4 : Se « dépathologiser »

Les acouphènes ne sont pas une maladie mais un symptôme. Par leurs effets connexes sur votre état psychologique et vos comportements, en focalisant dessus, cela peut dégrader votre vie sociale et votre équilibre général de santé. Vous n’arrivez pas à affronter les effets des acouphènes sur votre vie ? Ce n’est pas grave, vous êtes humain.e. « Superman » et « Wonder Woman » sont un mythe. Ne restez pas seul.e.

Les associations de patients vous accueilleront et vous guideront le cas échéant vers les professionnels  qui ont l’expérience de l’accompagnement de patients souffrant d’acouphènes. Une ligne d’écoute a été créée par l’association France Acouphènes 0 820 222 213.

Plus d’informations :

www.journee-audition.org

www.france-acouphènes.org

(*)(**) Enquête Ifop –JNA mars 2018 « Acouphènes et hyperacousie : fléaux du XXie siècle ? »