Le concept de santé auditive invite à considérer la nécessité de bien entendre pour bien comprendre comme un élément de l’hygiène de santé et de vie sociale. Il a été impulsé par l’association JNA il y a plus de 5 ans, au même titre que la prévention de l’obésité, des risques cardio-vasculaires et de la santé bucco-dentaire, etc.

“Bien comprendre” repose sur les mécanismes fragiles du système auditif.

Deux lois essentielles et universelles les régissent.

1) La fragilité des cellules sensorielles

Seules 15 000 cellules sensorielles servent de courroie de transmission des informations au cortex auditif qui lui, a la charge de décoder et de donner du sens aux informations reçues.

Ces cellules, appelées cellules ciliées, ont pour caractéristiques de s’user avec l’avancée en âge (à partir de 20 ans) et de ne pas se régénérer.

Elles peuvent être abîmées à tout moment et à tout âge par des expositions sonores toxiques ou encore la prise de médicaments ototoxiques (toxiques pour l’oreille).

Ces traumatismes surviennent le plus souvent lors d’expositions de fortes intensités, soudaines ou conjuguant le facteur durée :

• Lors de situations de travail ou pendant les loisirs tels que la chasse, le bricolage.

• Lors d’expositions en concerts, discothèques et d’écoute de musique via oreillettes ou casques.

Les expositions sonores toxiques peuvent créer des traumatismes sonores aigus ou des traumatismes sonores chroniques (répétés).

C’est alors que les troubles de l’audition apparaissent, surdités, acouphènes, hyperacousie.

À ce jour, les altérations du système auditif support de l’ouïe sont irréversibles et évolutives.

La plupart des causes de survenue sont évitables notamment grâce au port de protecteurs individuels contre le bruit, ou à de meilleures pratiques de la gestion sonore.

2) La fatigabilité de l’oreille

Le système auditif est également soumis aux “effets du stress acoustique”.

Des bruits trop forts subis tout au long de la journée vont solliciter le cerveau auditif. “Sursollicité”, le cerveau auditif aura du mal à traiter toutes les informations ; ce qui rend le décodage de la parole plus difficile (mécanismes de discrimination).

Ce stress acoustique est responsable, par voie de conséquence, de pertes de concentration, de fatigue, de stress, d’irritabilité. Ces effets sont appelés “impacts extra-auditifs du bruit”.

Ce phénomène disparaît normalement après une phase de repos auditif offrant un temps de récupération. Ce qui explique qu’en théorie, on entend mieux le matin que le soir !

Ainsi, en respectant ces temps de repos, il est non seulement possible de préserver son système auditif ; de faciliter le bon fonctionnement du cortex auditif et d’éviter les déséquilibres “santé et vie sociale” associés (changements de comportements, déséquilibre endocrinien, perte de performances…).