La JNA aime la musique,  Pas les lendemains qui sifflent…

Concilier plaisirs et santé, c'est possibe ?

Le collectif de l’association JNA, neutre et indépendante gérée par des experts scientifiques et médicaux, lance sa grande campagne de prévention de l’été pour lutter contre les acouphènes. L’une des principales causes de l’apparition de ces troubles de l’audition provient essentiellement des traumatismes sonores aigus ou chroniques suite à écoute de musique. La majorité des cas de survenue de ces symptômes ORL est évitable. Tout au long de l’été, l’association JNA en partenariat avec l’association France Acouphènes rappelle les bonnes pratiques pour le plaisir d’entendre la musique le plus longtemps possible sans les dégâts. Cette campagne nationale de prévention JNA est parrainée par les ministères de la santé et de l’éducation nationale. 
 
 
HARO SUR LES ACOUPHENES CHEZ LES JEUNES : les oreilles des 15 – 24 ans en danger
 
Selon la récente enquête réalisée par l’association JNA dans le cadre de la campagne Journée Nationale de l’Audition de mars 2018, 6 jeunes sur 10 âgés de 15 à 17 ans ont déjà ressenti des sifflements ou bourdonnements dans les oreilles.

27% des 25-34 ans déclarent souffrir d’acouphènes régulièrement ou en permanence et 9% des 15-17 ans annoncent une déficience auditive associée (Source enquête JNA – Ifop Acouphènes et hyperacousie : fléaux du 21e siècle ? »). 
 
Déjà en 2015, 49 % des jeunes âgés de 13 à 25 ans déclaraient avoir déjà ressenti une douleur dans l’oreille, des sifflements ou bourdonnements après expositions sonores (Source enquête JNA – Ipsos 2015 « L’oreille des jeunes est-elle en danger ? »). 
 
Autre information recueillie dans le cadre de l’édition de la campagne JNA en 2017 : ils sont également 42% à annoncer ce type de symptômes après écoute de musique sur leur smartphone (Source enquête JNA – Ifop 2o17 « Smartphones : ami ou ennemi du nos oreilles ? »). 
 
Ces enquêtes montrent également qu’un changement de comportement d’écoute de la musique s’opère après 24 ans. Les 15-24 restent donc la cible à risques élevés de troubles de l’audition évitables.

 

NE PAS ATTENDRE QUE CELA PASSE
 
Selon les indications de l’association JNA, 59% des jeunes attendent que ces symptômes « passent d’eux-mêmes ». Or ce n’est pas toujours le cas. Ils ne sont que 5% à en avoir parlé à leur médecin généraliste et 14% à un médecin ORL. Toutefois, lors de la réalisation de l’enquête JNA « Risques auditifs chez les jeunes : des clés pour agir », ils ont indiqué qu’ils ne savent pas quel médecin est spécialiste des oreilles (Source : Enquête JNA 2015). 
 
L’association JNA en partenariat avec l’association de patients France Acouphènes renouvelle le dispositif d’appels « Allo Conseils » afin de permettre aux jeunes et aux parents d’être renseignés et orientés. Ce disposition d’appel sera ouvert le 21 juin et durant tout l’été. 
 


LES BONNES PRATIQUES 
 
Tout au long de l’été, l’association JNA rappellera les bonnes pratiques pour profiter de la musique et des plaisirs qu’elle procure. Des messages seront régulièrement diffusés sur les réseaux sociaux grâce à la nouvelle mascotte JNA. Ils seront relayés par de nombreux artistes. 

 

« 4 jeunes sur 10 âgés de 18  à 24 ans écoutent la musique

à volume maximal avec casque ou écouteurs 

mais aussi 20 % des actifs ! »

Réalisée à l’occasion de la 4e édition de la campagne de prévention Fête de la Musique organisée par l’association JNA, cette nouvelle enquête Ifop - JNA révèle les habitudes d’écoute de la musique des Français. En effet, les précédentes enquêtes réalisées par l’association mettaient en avant la durée d’écoute et ce nouveau sondage permet d’identifier plus précisément le second facteur de risque auditif : le volume d’écoute.  Cette étude a été réalisée auprès d’un échantillon de 1 011 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (*). Résultats.

La musique est majoritairement écoutée avec casque et oreillettes aujourd’hui.

Tout d’abord, 7 Français sur 10 indiquent écouter la musique à l’aide d’un  casque ou d’écouteurs. Globalement, ces 71% d’auditeurs l’écoutent à volume modéré (la puissance d’écoute est en moyenne de 5,5 sur 10). Au-delà de la part majoritaire d’écoute à volume moyen (42% pour un volume entre 4 et 7), les deux autres tranches correspondant aux deux extrémités sont à peu près égales : 14% en profitent à volume faible (entre 1 et 3), et 15% à volume maximal (entre 8 et 10).

 Les 18 -24 ans mettent leurs oreilles en danger.

Parmi ceux qui profitent de leur musique avec un volume important, les plus jeunes sont assez logiquement surreprésentés. 4 jeunes sur 10 âgés de 18 à 24 ans déclarent écouter à volume maximal et 45% d’entre eux à volume moyen. Un comportement à risque  qui s’atténue à partir de 25 ans (53% des Français de 25-34 ans écoutent la musique à volume moyen).

Cette nouvelle enquête Ifop – JNA pointe les risques chez les moins de 25 ans confortant ainsi les résultats des précédentes enquêtes réalisées par l’association.

 Les actifs sont aussi surreprésentés dans les comportements à risques !

1 actif sur 5 indique écouter la musique à volume maximal dont 22% des travailleurs indépendants. Chez les actifs,  60% des cadres et professions intermédiaires supérieures et 49% des employés déclarent l’écouter à volume entre 4 et 7 sur 10.

Ces comportements d’écoute sont probablement liés aux bruits et aux nuisances sonores sur le lieu de travail et dans les transports, tout comme les habitants de la région parisienne (25%).

  Ce nouveau sondage Ifop-JNA :

 1)      vient renforcer les indicateurs d’alerte sur les comportements à risques d’écoute de musique amplifiée chez les jeunes révélés par les précédentes enquêtes de l’association JNA. Le sondage « Smartphone : ami ou ennemi de notre santé auditive » pointait déjà une durée excessive d’écoute de la musique et l’utilisation majoritaire des oreillettes chez les 15-24 ans. 7 jeunes sur 10 de 15 à 17 ans indiquaient effectivement plus d’une heure d’écoute par jour et 50% des 15 -24 ans déclaraient s’endormir avec.

2)      indique une nécessaire vigilance sur les comportements à risques de troubles de l’audition chez les actifs. Cette alerte vient renforcer les résultats présentés dans l’enquête JNA – Ifop 2017 « Smartphone : ami ou ennemi de notre santé auditive » qui pointait que 28% des plus de 18 ans écoutaient de la musique sur smartphone sur leur lieu de travail.

                  

(*) La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et par catégorie d’agglomération. Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré du 23 au 24 mai 2018.

               

 

"Ne pas voir sépare l'homme des choses, ne pas entendre sépare l'homme de l'homme". Emmanuel Kant

Entendre les sons ne suffit pas.L’ouïe est l’un des sens qui favorise l’appropriation du monde qui nous entoure. En effet, dès la vie fœtale, nous sommes en relation avec le monde sonore et de cette interconnexion dépend notre développement et notre santé.

Mais ce qui est le plus important à notre équilibre de vie et de santé, c’est BIEN ENTENDRE. Selon une enquête JNA – Ifop, pour 75% des Français, il est aussi important de bien entendre que de bien voir. Que veut dire bien entendre ?...

C’est quoi une bonne musique ? Vaste sujet tant la réponse dépend des goûts personnels en matière de style, de nuances et de volume. Mais pour l’oreille, nous sommes tous lotis à la même enseigne. Notre système auditif n’a pas évolué depuis l’époque de la cueillette.

1 jeune de 15 à 17 ans sur 3 pense que l’exposition à des niveaux sonores élevés éduque leurs oreilles en leur permettant de s’habituer (Source enquête Ifop-JNA 2016). Nos oreilles n’ont pas la capacité de s’adapter aux sources sonores.

Quels sont les Vrais / Faux de l’oreille ?

« Comment décupler l’impact des messages de prévention pour éviter et réduire les troubles de l’audition liée à l’écoute de musique amplifiée chez les jeunes ? » telle est la question de fond afin d’accélérer l’éducation à la santé des jeunes générations.

Les différentes enquêtes réalisées par l’association JNA montrent un changement de comportements d’écoute et d’exposition à partir de 24 ans. Mais elles montrent surtout que les 15-18 ans sont ceux qui conservent des comportements à risques de troubles de l’audition tant dans la recherche de puissance d’écoute avec des « basses » (« le son qui tape ») que dans la durée.

Quelles en sont les raisons ?

 

Le paradoxe

Parmi les découvertes effectuées grâce à la neuroimagerie, celle que le cortex préfrontal (une composante essentielle des réseaux neuronaux impliquée dans le jugement, la prise de décision et le contrôle des impulsions) continue sa maturation chez une personne qui est dans la mi-vingtaine a une influence considérable. Cet apport des neurosciences pourrait alors expliquer la dissociation comportementale chez l’adolescent entre « je sais que c’est dangereux » mais « le gain plaisir immédiat me pousse à le faire ».

Cette hypothèse permettrait de comprendre que 91% des jeunes âgés de 15 à 18 ans déclarent connaître les dangers du volume et de la durée d’écoute et malgré tout mettre leur santé auditive en danger. Il s’agit là d’un vrai paradoxe auxquels les acteurs de la prévention et de la santé se retrouvent quotidiennement confrontés.

 

Le besoin

Selon le Dr Laccoureyre, pédopsychiate, « Au cours de sa mue » vers un devenir de grande personne, l’adolescent trouve ses contours en expérimentant, en testant, en se risquant parfois mais aussi en se concentrant sur lui-même, sur son monde interne. La musique vient définir par dehors et par dedans. Elle vient cogner à l’extérieur et permet de configurer l’enveloppe ; elle pénètre l’intime et favorise le ressenti interne. Elle fait bain et vient tester l’hermétique de l’adolescent (la partie intime de son être) ; elle imprègne et lui rend accessible ses abysses psychiques. La musique joue alors le rôle de média en lui permettant d’entrer en dialogue intime avec lui-même. La musique possède les mêmes vertus que celles d’autres bains qui ont œuvré tout au départ et dont l’adolescent garde des traces bienfaitrices (liquide amniotique lors de la vie fœtale, bain de langage maternel,…). Les ondes musicales viennent activer les neurotransmetteurs reliés aux plaisirs et les zones de récompense. Ce qui provoque cet état de bonheur intense vers lequel chacun a envie de revenir. S’enfermer dans une bulle musicale correspond donc à un temps de construction identitaire à l’adolescence et il convient que l’adolescent puisse en user sans risquer la santé de ses oreilles. »

 

Changer de paradigme

Développer la notion d’écoute saine est donc l’enjeu de la prévention aujourd’hui. Ce d’autant plus que les générations Z et « alpha » vivent au quotidien une relation étroite avec leurs smartphones et la musique amplifiée. Les messages de prévention se sont peut-être trop heurtés aux plaisirs et à ses recherches dans leur formulation. Il est nécessaire de changer de paradigme et de développer la culture « du prendre soin de soi » ou culture du « Care » dès le plus jeune âge en l’intégrant à l’éducation à la santé. Ce serait alors donner du sens aux politiques de prévention de santé publique probablement vécues comme une somme d’interdits par les adolescents dont l’un des plaisirs est justement de braver les interdits. « Prendre soin de soi » n’est pas culturellement innée.

Faut-il pour autant délaisser les jeunes actuellement adolescents ? Non. Ils sont trop nombreux à souffrir d’acouphènes (sifflements et bourdonnements dans les oreilles survenant suite à traumatismes sonores aigus ou chroniques). Seul un engagement sociétal de l’ensemble des acteurs politiques et économiques orienté culture du « Prendre soin de soi » peut accélérer l’impact de la prévention. Cela repose à la fois sur une impulsion politique et un investissement individuel et collectif, un nouvel élan humaniste partagé.