Le plaisir de la musique accessible de tous et par tous est possible. Comprendre la parole et prendre plaisir à écouter nos morceaux préférés est désormais une réalité lorsque l’on doit porter des aides auditives. Et cela ne concerne pas que la jeune génération. L’amour de la musique n’a pas d’âge. Toutefois, la déficience auditive peut amener à se détourner de cette source émotionnelle à la fois intime et collective. Le son Haute-Fidélité arrive, abolissant les frontières entre avant et après le port d’aides auditives. Enfin.

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 « On dirait une radio bon marché »

En effet, les aides auditives ont longtemps été conçues dans le but premier d’améliorer l’intelligibilité de la parole. Or, les dynamiques de la musique sont plus larges et plus lentes que la parole. En 2008, une étude menée par Leek et ses collègues auprès d’auditeurs souffrant de perte auditive, montre que la moitié des répondants écoutaient de la musique quotidiennement et près de 30% d’entre eux signalaient que leur déficience auditive avait affecté leur plaisir musical. La plupart des programmes « musique embarquée » dans les aides auditives sont configurés comme une variante classique d’écoute de la parole. Mais pourquoi le comportement en musique devrait-il être une simple variante ? Pour la parole, il s’agit de maximiser l’intelligibilité sans sacrifier le confort et pour la musique nous cherchons à maximiser le plaisir. Un traitement distinct s’impose donc.

 

En route vers la Haute-Fidélité

Grâce à cette différenciation, un gain d'émotion est retrouvé et les aides auditives tendent alors à s’adapter à la logique sensorielle et émotionnelle du cerveau auditif, lui-même en relation avec les autres aires cérébrales. Elles offrent un son clair en restituant l’intensité sonore et en rendant l'accès à la musique de faible intensité. Pour s'orienter vers une qualité Hi-Fi, la voie différenciée permet de redonner accès à des dynamiques plus étendues et plus lentes, propres à la qualité de perception de la musique. Il suffisait d'ajouter à cela un paramètre se rapprochant de la physiologie de l'oreille pour vraiment passer un pallier d'émotions sonores, même en étant porteur d'aides auditives !

 

En route vers le son immersif

Et oui. Beaucoup d’entre nous sont loin d'imaginer l’importance du pavillon de l’oreille ; son rôle dans la captation de signaux naturels indispensables à l’orientation spatiale et à la localisation des sources sonores. Grâce à l'intelligence intégrée à l'aide auditive, désormais il devient possible d'accéder à une zone de fréquence jusqu'alors difficile à restituer et donc à exploiter pour l’auditeur. Avec un peu de temps et d’entraînement auditif, l’utilisateur va progressivement réapprendre à utiliser ces fréquences ; à développer la « sensation de présence » pour se rapprocher un peu plus, de ce que l’on ressent auditivement lorsque l’on entend bien.

Mais si cet apport est optimal dans le cas des aides auditives qui s'insèrent directement dans le conduit, appelés intra-auriculaires, en particulier ceux à positionnement profond. Il demeure encore limité pour des contours d'oreilles avec dômes du fait de leur placement sur l’oreille. Des réglages électroniques et des algorithmes de traitement du signal spécifiques sont dans cette configuration, nécessaires pour obtenir un résultat similaire à celui des intras. Ceux-ci évitent ainsi, grâce à l’effet "obturateur", que des sons masquant la parole n’entrent dans le conduit auditif. Les capacités de traitement du signal et de « directionnalité naturelle » sont alors optimales, et ce, même dans les environnements bruyants et difficiles. Dans le cas des contours, il est préférable d'opter pour des embouts (obstruant le conduit) que pour des dômes (laissant passer tous les sons).