BIEN ENTENDRE POUR AMÉLIORER SA QUALITÉ DE VIE ?
Cette question peut paraître curieuse au premier abord… et pourtant, parmi les nombreux éléments qui sont utiles, voire nécessaires, à notre qualité de vie, la préservation de l’audition a toute sa place.  Prenons le temps de répondre à quelques questions à ce propos.

Quel est le lien entre audition et vitalité ?
 
La vitalité est caractérisée par notre dynamisme individuel, tel que nous le ressentons et le montrons à notre entourage. Elle implique différentes composantes familiales, professionnelles et sociales. Il s’agit de nos activités intellectuelles et physiques, de nos engagements individuels et collectifs, de notre vie affective et de nos loisirs. Dans toutes ces circonstances, l’engagement de chacun est basé sur ses capacités d’échange et de communication. Et le monde moderne ne manque pas de sources et d’outils de communication impliquant vision et audition…
 
Comment ce lien peut-il se déliter au quotidien ou au fil des ans ?
 
Parmi les points faibles, les fragilités, auxquelles notre organisme est exposé au fi l des années, la dégradation de la fonction auditive est à prendre en compte du fait de ses implications quotidiennes sur notre qualité de vie et notre vitalité. La partie la plus « sensible » du système auditif est la cochlée, composante de l’oreille interne dédiée à l’audition et qui a une forme d’escargot. À l’intérieur de la cochlée se trouvent des petites cellules avec des cils, dont le rôle est de coder les sons, fréquence par fréquence. Or le nombre de ces cellules est limité, dès la naissance, et elles ne se renouvellent pas. Ce capital d’audition, et donc de communication, doit être préservé.

Avec le temps, l’âge avançant, il existe une perte progressive de l’audition, très lente habituellement, qui correspond à la presbyacousie, le vieillissement du système auditif. Elle débute vers 50-60 ans. Ce n’est pas une maladie, c’est tout simplement l’évolution de notre organisme avec l’âge qui se profi le. Fort heureusement, notre cerveau a des capacités d’adaptation, afi n de maintenir un bon niveau de communication le meilleur possible avec, cependant, des limites dès que la perte auditive franchit un certain niveau de sévérité. Il est donc essentiel de préserver ce capital auditif en limitant tout ce qui peut aggraver la perte auditive liée à l’âge. À ce titre, les nuisances sonores, l’exposition aux bruits peuvent altérer l’audition dès le jeune âge et, à long terme, majorer la presbyacousie. Limiter l’exposition au bruit, dès le plus jeune âge, contribue à préserver son audition pour toute la vie.
Concrètement, quelles bonnes pratiques adopter quel que soit l’âge pour éviter ou freiner l’altération de ce lien ? Nous ne sommes pas tous égaux vis-à-vis des risques liés à des expositions à des niveaux sonores élevés : certains vont très bien les supporter, et pour d’autres cela peut être synonyme d’atteinte de l’audition plus ou moins marquée. Il peut alors s’agir d’acouphènes, c’est-à-dire des bourdonnements ou siffl ements d’oreille, transitoires ou défi nitifs, voire d’une perte de l’acuité auditive. Celle-ci peut être transitoire ou définitive. Il est essentiel de consulter, dès la constatation d’une perte auditive, car un traitement instauré en urgence peut favoriser la récupération. En l’absence de récupération de cette perte auditive — et à long terme — la presbyacousie sera donc plus marquée avec un impact évident sur la communication. Pour limiter ces effets négatifs, la recommandation est d’éviter les expositions à des niveaux sonores élevés et de se protéger les oreilles avec des bouchons atténuateurs. Si des symptômes apparaissent, il est recommandé de consulter son médecin qui décidera de l’opportunité d’un avis spécialisé auprès d’un ORL.
 
Lorsque la perte naturelle de l’audition apparaît, comment agir pour maintenir dynamisme et vitalité ?
 
Tout d’abord, il faut avoir une attitude positive et ne pas hésiter à consulter dès qu’une gêne à la compréhension apparaît dans les situations de la vie courante. Il s’agit, par exemple, des réunions au cours desquelles les participants interviennent en même temps, les repas de famille avec de nombreux convives, un dialogue avec un interlocuteur en environnement bruyant : brasserie, hall de gare, grand magasin… La nécessité d’augmenter le volume de la télévision ou de la radio pour comprendre distinctivement les propos est aussi un signe à prendre en compte.
 
Le médecin ORL consulté examinera les oreilles… Parfois, bonne surprise : un bouchon de cérumen obstrue le conduit auditif externe. Une fois retiré, l’audition sera peut-être déjà bien meilleure. Dans les autres cas, les tests auditifs confi rmeront la presbyacousie et selon le niveau de perte auditive, un appareillage peut être prescrit. En effet, il n’existe pas de traitement médicamenteux qui permettrait de récupérer les cellules auditives perdues au fi l des années.
 
À ce propos, il est important de préciser qu’en 2017 l’appareillage auditif a fait des progrès considérables, en particulier grâce aux progrès technologiques… Nous sommes bien loin du cornet acoustique du Professeur Tournesol.
Les aides auditives (appareils audioprothétiques) sont adaptées et réglées pour chaque personne par un audioprothésiste qui, après des tests complémentaires de ceux réalisés par le médecin ORL, réalisera un suivi régulier et un accompagnement afi n d’adapter au mieux les réglages, personne par personne, selon sa perte auditive, son mode de vie et ses loisirs.  Les appareils actuels disposent de connectiques qui permettent à l’utilisateur de téléphoner, écouter de la musique ou suivre un programme télévisé avec une écoute directe sur ses appareils.
En complément des solutions indiquées, est-il possible de faire  des exercices pour stimuler nos systèmes neurosensoriels et maintenir notre vitalité ?
 
Pour maintenir sa vitalité en restant dans la communication, différents moyens sont possibles qui agiront, à la fois, sur l’audition mais aussi sur les capacités cérébrales au sens le plus large, en particulier l’attention et la mémoire.
L’apprentissage de langues, la pratique du chant, de la musique, le théâtre, les différentes activités corporelles associées à de la musique… voici autant de circonstances où l’audition est sollicitée et impliquée et qui comportent aussi des satisfactions personnelles immédiates. Une technique peut également permettre d'activer la mémoire auditive : l'entraînement auditif qui peut être programmé via votre appareil auditif. 
En cas d’atteinte auditive marquée, une rééducation orthophonique peut être proposée pour redonner ces sensations auditives.